Eh oui, cela m’arrive à moi aussi… Non que je sois allée festoyer dans un lieu qui ne pourrait qu’être « plus de mon âge », non. Juste une nuit blanche, depuis le fond de mon lit.
Et curieusement pour la première fois, j’ai fait le rapprochement… Nuit blanche. Page blanche. Syndrome dont vous l’aurez remarqué, j’ai quelque peu souffert ces derniers mois.
Une nuit blanche c’est donc comme une page vierge. A la fois vide et déjà remplie de promesses.
Comme en musique. Voyez la ronde, transparente mais qui dodue, emplit cependant à elle seule la mesure.
Blanc c’est…
Comme la neige qui de sa ouate feutrée, étouffe les sons.
Comme la crème que l’on verse en nuage dans un café.
Comme le tissu que revêt le baptisé.
Comme la robe nacrée d’une mariée.
Bref, comme les moutons que l’on nous recommande alors de compter.
Pourtant, une nuit blanche n’a rien d’immaculé. Obscurité de la chambre à coucher. Pâle lueur d’une veilleuse allumée. Rêves fiévreux. On se tourne et se retourne. Tantôt cherchant la fraîcheur d’un espace laissé vierge, tantôt renouant avec la tiédeur de draps auparavant occupés. Non, je ne céderai pas. Mes paupières sont lourdes, cherchent le sommeil, alors que mon esprit divague et me maintient en éveil.
Se lever, mais pour quoi faire ? Manger, se remplir le ventre pour se vider l’esprit. Offrir à la digestion la possibilité de nous achever. Lire. Occuper linéairement son esprit pour l’empêcher de divaguer.
Puis se recoucher. Espérer. S’interdît de regarder les heures s’égrener. Puis finalement, sombrer.


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