Hier, nous avions prévu de passer la fin de journée au bord du lac. Baignade pour se rafraichir puis, restaurant avec vue pour le plaisir. Malheureusement, arrivés sur place, une pancarte a eu raison de notre programme : « Présence de cyanobactéries, baignade déconseillée ». Bon c’est vrai. La baignade n’était pas formellement interdite. Mais il était vivement recommandé d’y renoncer. Je suis personnellement capable de fermer les écoutilles lorsque je nage. Mais les enfants, n’allaient-ils pas boire une tasse ou deux ? A la veille des vacances, et sans savoir ce que produit l’ingestion de ces organismes procaryotes sur le système digestif, franchement, j’ai préféré jouer la carte de la sécurité. Évidemment, grande déception. Il fallait trouver quelque chose et vite. Quelque chose à la hauteur… Allez, direction le resto pour un apéro ! Ça normalement, c’est le genre de truc que les enfants adorent, surtout la perspective d’engloutir les quelques gnama gnama servis en accompagnement.
« Gnama gnama », c’est quoi ça ? Très sincèrement, je ne saurais valider la racine étymologique du terme. Aussi loin qu’il m’en souvienne, une origine familiale, paternelle pour être exacte. Mais pour faire court, cela regroupe l’ensemble des chips, cacahuètes et autres amuses-bouches que l’on est susceptible de trouver sur une table à l’heure de l’apéritif.
Nous arrivons donc au restaurant. Un joli chalet en madrier et sa terrasse panoramique surplombant le lac. Nul doute, le coucher de soleil y sera magnifique.
« – Bonjour, nous avons une réservation, au nom de…. (Prénom, nom, diminutif, tout y passe avant de retrouver la formule de réservation. Mais c’est bon, nous sommes sur la liste.)
– Oui c’est cette table. »
Nous prenons place. Il manque encore 2 convives qui nous rejoindrons plus tard, le programme baignade ne les ayant préalablement pas attirés.
Le temps commence à s’égrener et nos gorges à s’assécher. Dans la plupart des restaurants, table complète ou pas, il me semble que l’on vient toujours assez rapidement s’enquérir d’une éventuelle volonté de commander des boissons. Mais là, rien. Des serveurs passent, repassent. Mais aucun ne s’inquiète de nous. Au bout de 30 minutes, n’y tenant plus, j’interpelle tout de même l’un d’eux.
« Bonjour, peut-on vous commander des boissons ?
– Oui bien sûr.
– (Liste des consommations puis…) Et serait-il possible d’avoir quelque chose à grignoter ?
– (Regard interrogateur)
– Genre des chips ou autre chose ?
– Nous n’en avons pas.
– Des olives ou des cacahuètes alors ?
– On n’a pas.
– Ben je ne sais pas, quelque chose à prendre avec l’apéritif.
– On n’a rien.
– Rien ?
– Euh non.
Je ne suis pas du métier, mais tout de même. Quel restaurant n’a rien à proposer à ses clients pour accompagner un verre à l’heure de l’apéritif ? Et quand bien même, quel serveur, ou restaurateur, ne recoure-t-il pas à son imagination pour aller prestement faire concocter une petite assiette de dégustation? Avec par exemple un peu de charcuterie ou de fromage (nous sommes en Suisse tout de même!), sachant qu’en plus cela est proposé sur la carte. Mais non, rien. Nous n’aurons définitivement droit à rien.
Le reste des convives nous rejoint. Oh miracle, la carte nous est rapidement distribuée. (Le choix du terme n’a rien d’anodin. Sans respect pour aucune règle de bienséance. Si Geneviève de Fontenay avait été là, elle en aurait perdu chapeau !).
Fort heureusement, les propositions sont alléchantes. Tout le monde trouve rapidement son compte. Et pour les amateurs, comment résister à l’os à moelle proposé en entrée ! Mon mari succombe. Nous passons commande : 1 entrée et 6 plats de résistance, dont 1 formule « petit gastronome ».
Note et règle : lorsque vous allez au restaurant, en famille ou en groupe, mettez-vous d’accord dès le départ. L’entrée, c’est soit pour tout le monde, soit l’impasse généralisée. Vous allez vite comprendre.
L’os à moelle arrive. La vache ! ils ont déterré un dinosaure ou quoi ? Je n’en ai jamais vu d’aussi généreusement garni ! Tant mieux, il y en aura pour tout le monde. Faute de chips et de cacahuètes, l’apéritif a eu tout loisir d’aiguiser notre appétit.
Puis le temps passe, encore généreusement lui aussi. Cela fait déjà 1h30 que nous sommes arrivés. L’entrée est achevée et les plats tardent à arriver. Ma petite puce de 5 ans ne tient plus. Ça aussi, franchement ! Il y a certains pays, comme l’Italie, qui ont vraiment tout compris. Je les nommerais « family friendly ». Tout d’abord lorsque vous arrivez, avec vos 5 enfants, ils ne font pas la gueule, comme certains. Ensuite, ils sont aux petits soins. Et pour finir, lorsque vous avez commandé, il faut moins de 10 minutes pour que les enfants soient déjà servis. Le bonheur !
Mais ici, non. Lorsque l’on demande si les enfants seront bientôt servis, enfin la petite au moins, la réponse est cinglante :
« – Comme vous avez pris une entrée, j’ai attendu que vous ayez terminé pour lancer les plats. »
Ah ben oui, bien sûr.
Heureusement pour nous, le restaurant dispose d’une place de jeu avec toboggan, agréablement bordée de ronces. Oui cela parait un peu curieux à l’énoncé, mais du fait de la période, celles-ci nous ont généreusement fait profiter de leurs délicates mûres. Un amuse-bouche fort apprécié vu les circonstances !
Finalement, après plus de 2 heures de patience, nous avons pu déguster nos plats. Délicieux au demeurant.
Mais tout de même, le service !
Enfin une chose est sûre (et malheureusement, il s’agit d’une réputation déjà solidement ancrée) dans notre beau pays, ce n’est pas pour le service hôtelier que l’on décide de venir nous visiter.
Bienvenu en Suisse !


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