#salon_de_lecture

C’est de plus en plus rare, certes, mais cela arrive encore (Dieu merci): croiser dans le train des gens un livre à la main.

Jeune homme, la vingtaine. Profil étudiant. Monté en gare de Grenoble. Cheveux bouclé, légèrement hirsutes. Petites lunettes rectangulaires. Un air un brin intello camouflé derrière une veste à capuche et un jean noir. Soin du détail en plus: le t-shirt couleur lie de vin assorti à la doublure de son sweat. Basket de ville Puma, dans les mêmes tons. Et pour finaliser l’allure, une petite sacoche noire relevée du logo LV. Lecture: l’Ecume des jours de Boris Vian. Je ne m’étais pas trompée. Signe particulier: corne les pages pour les marquer.

Homme mûr, la quarantaine. Monté en gare de Genève. Typé moyen-oriental. Lunettes de soleil de marque, jean, t-shirt et mocassins. D’abord en appels téléphoniques, successivement en français puis en hébreux. Regarde ensuite un bout de film puis sort machinalement un livre: Sapiens de Yuval Noah Harari. Cela colle au profil. N’en est qu’aux premières pages. Se laisse toutefois facilement distraire par la vie du compartiment.

Jeune femme, la vingtaine avancée. Montée en gare de Chambéry. Cheveux bruns mi-longs, légèrement ondulés. Tenue estivale, short et débardeur. Adidas Stan Smith aux pieds. Petit sac à main brun en bandoulière. Tote bag en tissu posé sur les jambes dissimulant mal un tatouage qui recouvre sa cuisse droite. Titre du roman encore non identifié. Utilise un Polaroïd Fujifilm en guide de marque page. Arrivée en gare de Bellegarde, je découvre le titre de son roman fantasy: King of Cars et par la même occasion les détails de son tatouage: une espèce de citrouille florale aux airs de tête de mort. Et ce n’est pas le seul, lorsqu’elle quitte son siège, elle en dévoile deux autres à l’arrière de sa jambe gauche. Celui qui remonte le long de son tendon ressemble à une inscription tibétaine. Souvenirs de voyages? Elle récupère son sac à dos Quechua couverts d’écussons retraçant l’ensemble des ses périples: Philippines, Afrique du Sud, France (tout de suite moins exotique), Singapour, Malaisie… C’est confirmé: une baroudeuse.

Quant à moi? Je lis aussi. Guillaume Musso, la réédition de son premier roman: Skidamarink. Mais ce n’est qu’un alibi. Plus que de lire, j’observe, soucieuse de pouvoir tout consigner dans une prochaine chronique.

Voilà qui est fait. Espérant avoir su vous entraîner dans un mini voyage littéraire, ouvrant qui sait, peut-être sur votre prochain salon de lecture.

Une réponse à « #salon_de_lecture »

  1. Et toi, quel est ton tatouage chère Marion ? ahah

    Claude

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