Il est évident que lorsque l’on emprunte chaque jour, à la même heure, le même itinéraire, on y croise inévitablement les mêmes personnes qui empruntent elles aussi, chaque jour, à la même heure, ce même itinéraire.
J’exclue bien entendu de mon analyse la voiture et son conducteur, ce dernier isolé dans son habitacle étant peu enclin à la discussion. La vitesse également étant peu propice à la pause papote. Quoi que… j’y reviendrai peut-être.
Non, ici je pense plutôt aux cyclistes (oui, encore eux… et moi) et aux piétons, promeneurs matinaux ou promeneurs de toutous. On pourrait y ajouter les usagers des transports publics. Mais malheureusement, c’est encore une catégorie à part. Tous, le nez vissé sur leur smartphone – j’ai eu le temps de les étudier cet hiver- . La probabilité d’un échange de regard y est déjà rare alors imaginez celle d’un échange de politesses !
Donc, restons-en aux cyclistes prévenants, comme moi, qui bien que lancés à toute vitesse dans la descente qui conduit de Cormanon à Beauregard, ralentissent à l’approche de piétons et, aux piétons promeneurs matinaux, avec ou sans canidé.
Eh bien vous savez quoi ? Je me suis fait deux amis. Bon d’accord, un ne le sais même pas. Nous n’avons jamais échangé, ni regard ni sourire. Non, je me contente de me noyer dans le sillon de brouillard odorant que laisse flotter sa pipe (chronique à venir sur le sujet). Mais cela est devenu tellement constitutif de mon début de journée qu’il me semble devoir l’en remercier. Avec le second par contre, j’ai réellement lié amitié. Oui bon, c’est peut-être encore un grand mot pour qualifier un simple échange de salutations, mais tout de même. Voici comment cela a débuté. Un matin, alors que ce monsieur retraité (évidemment, les autres sont bien trop pressés) s’était arrêté au milieu du chemin et discutait avec une congénère, tous deux tenant leur chien en laisse, voilà ma silhouette à vélo qui se dessine à l’horizon. Rapidement j’arrive à leur niveau, ralentis et eux s’écartent de part et d’autre pour me laisser passer. A cette vue, je n’ai pu m’empêcher de lâcher « Oh, j’ai droit à une haie d’honneur ce matin ! » ce qui a eu pour effet de les amuser. Il n’en fallait pas davantage. Échanges de sourires, souhaits pour une bonne journée, le tour était joué.
Depuis, chaque matin nous nous saluons d’un « Bonjour ! » et nous gratifions d’un visage souriant. Cela me donne l’impression de le connaître à présent. C’est un peu idiot. En même temps, si un matin je devais relever son absence, je ne manquerais pas d’en être inquiétée pour la journée…
Vous savez quoi ? Je viens de prendre une décision audacieuse. La prochaine fois, je m’arrête pour lui parler. Oui, moi l’asociale de service, qui déteste les banalités, les discussions stériles et autres bavardages de convenance « Bonjour, vous allez bien ? Il fait beau aujourd’hui. » Et bien je vais oser la vraie conversation, celle de courtoisie: « Bonjour, je m’appelle Marion et…« .
Promis, je vous raconterai ! En attendant, belle journée ! Encore un matin ensoleillé, il faut en profiter.


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