#effeuillage

Qui dit automne, dit nécessairement chute de feuilles.

Parterre de feuilles aux couleurs flamboyantes.

Ah zut, je sens que certains sont déçus et s’attendaient peut-être à ce que j’aborde le thème différemment…

Mais reprenons. Nous voici en automne et « ... les feuilles mortes se ramassent à la pelle, devant les portes de la Rue La Chapelle… ». Ailleurs également. Au râteau, traditionnellement. Un râteau un peu spécial, aux lames fines et souples en forme d’éventail.

Le ramassage des feuilles du jardin fait d’ailleurs partie des activités favorites des familles en cette saison. Non pour la partie ratissage en elle-même, avouons-le. Mais plutôt pour l’étape suivante. Celle qui consiste à sauter et s’enfouir tour à tour sous l’immense tas constitué. Fou-rires et rires d’enfant envahissent alors le quartier, pour le plus grand bonheur du voisinage et de nos aînés. Mais bien sûr, toute bonne chose ayant une fin, vient l’heure ou il faut à nouveau tout rassembler. Et dans de grands sacs les feuilles docilement entasser.

Fin de la jolie petite histoire.

Car il en existe une autre. Moins joyeuse. Moins heureuse… Celle de la souffleuse. Bruyante. Assourdissante. Si j’en crois mes lointains souvenirs, cet horrible appareil serait d’abord apparu aux mains des cantonniers. Le bruit métallique du râteau frottant le bitume, se heurtant aux graviers dans l’allée du marché… était-il vraiment si insupportable? Pourtant ces hommes, affairés à leur besogne, ne portaient alors point de casque. Artifice auquel ils ont dû se résoudre, face aux décibels de leur nouveau joujou. Heureusement pour eux, il semblerait que les vieilles habitudes aient eu raison de l’outil au ronflant abrutissant.

Fort de cette aventure, l’instrument a dû trouver nouvel acquéreur. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé au sein de nos petits jardins. Je ne saurais dire à quoi me font penser ces jardiniers, d’un tel appendice équipés… Terminator, l’exterminator de feuilles … déjà mortes. Quelle ironie. Mais ce bruit, misère ce bruit! Comment, à notre époque, aux revendications écologiques si fortes, peut-on autoriser une telle nuisance? Pire que la tondeuse. Alors voilà. L’été est passé. Les tondeuses sont rangées. Voici que sortent les souffleuses. Et ensuite, quoi, les déneigeuses?

Non vraiment, je ne comprends pas ce qu’on lui trouve à cet engin. Utilisé au détriment de ce bon vieux râteau. Lui qui ne demande que peu de choses, seulement se laisser glisser docilement. Souple, léger, quasi musical, laissant percevoir un rire profond, celui du gazon. Ecoutez-le ! Décoiffé, amusé, chatouillé… il rit. Imaginez-vous, semblable: ébouriffé.e, caréssé.e, émoustillé.e… par le doux passage d’une main aimée.

Qui diable souhaiterait remplacer cette sensation par celle d’une souffleuse à gazon ?

5 réponses à « #effeuillage »

  1. Merci pour la pertinence et la poésie de ton article! Comme le dit un joli poème  » On nous dit qu’elles sont mortes [ les feuilles ] mais personne n’y croit ! L’automne au coin du bois joue de l’harmonica ! « 

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    1. C’est effectivement très joli. De qui est ce poème?

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      1. C’est un poème de Maurice Carême qui, dans les écoles primaires , brigue le titre de Poète Incontournable aux côtés du grand J.de Lafontaine! 🙂

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  2. La photo est magnifique. Qui est ce photographe talentueux

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    1. Attends que je réfléchisse un peu… Il s’agit d’un homme merveilleux! rencontré il y a 21 ans, alors que j’effectuais mes études dans le sud de la France, et que lui y passait ses vacances. Un mariage et cinq enfants plus tard, j’en suis toujours tellement amoureuse! Mais, tu le connais aussi bien que moi… Merci pour ce fils que tu as élevé et que tu m’as laissé emporter.

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