Ce matin, l’aurore ayant encore Ă peine percĂ©, j’ai littĂ©ralement Ă©tĂ© mĂ©dusĂ©e par la scène Ă laquelle j’ai pu assister. A tel point, que je me suis retrouvĂ©e devant l’immeuble de mon bureau, avec ma fille encore sur le vĂ©lo, en ayant complètement oubliĂ© mes arrĂŞts sur le trajet.
Des gens qui se dĂ©chargent de leurs ordures mĂ©nagères dans les poubelles de la ville, c’est chose courante. Et je pense que nos amis cantonniers peuvent facilement en tĂ©moigner. Triste, mais frĂ©quent. Dans ce cas je me dis que oui bon, les sacs Ă taxe, pour les foyers Ă revenus modestes… Quoi que, je ne sois pas sĂ»re qu’il y ait de lien. Le tri, c’est une question d’Ă©cologie, pas de revenu. D’ailleurs, ce sont parfois les plus riches qui font le moins d’efforts. Oui, j’en connais. Mais non, pas vous ! Je ne me permettrai pas… Non, le problème, Ă mon avis, c’est la place. Je n’ai pourtant pas le sentiment d’ĂŞtre encore arrivĂ©e au bout de l’exercice, mais Ă la maison et dans un effort collectif, le tri reprĂ©sente Ă ce jour 7 bacs de tri sĂ©lectif. Je ne vous le fait pas dire ! Sans compter ce que cela demande d’assiduitĂ©, de contrĂ´le et de persĂ©vĂ©rance. Mais nous tenons bon. 1-papier/carton. 2-plastique pour la partie “retour magasin”. 3-emballages plastiques pour le sac spĂ©cial (payant lui aussi). 4-PET. 5- verre/ alu/mĂ©tal (pas assez de place pour dĂ©multiplier, mais bien entendu, on trie sur place, Ă la dĂ©chetterie), 6-composte et, 7-ordures mĂ©nagères. Ah, et j’allais oublier les dĂ©chets verts (ceux du jardin). Bon, donc 8 au final. Alors forcĂ©ment, la question de la place se pose rapidement. On les met oĂą tous ces paniers, bacs, sacs, containers…?
J’ai dĂ©jĂ redoublĂ© d’ingĂ©niositĂ©. Certains se cachent dans de grandes jarres en osier. C’est relativement dĂ©co et ça passe incognito. Mais c’est insuffisant. Quelques uns relĂ©guĂ©s sur le palier. Un sous l’Ă©vier, l’autre derrière l’escalier… c’est qu’on finirait par en oublier! Dedans, dehors, de la cave au grenier, ils sont dispersĂ©s faute de place attitrĂ©e.
Note: La maison de demain devra compter une 1/2 pièce supplémentaire, uniquement dédiée au tri sélectif. Si possible, non loin de la cuisine. Cela pourrait être un espace dédié dans le garde manger ou au fond du cellier.
Mais ce matin, sous la lumière blafarde du lampadaire vicinal, c’est de bouteilles de verre que le monsieur remplissait la poubelle communale. J’ai hĂ©sitĂ© Ă faire demi-tour… Oui mais pour lui dire quoi? Qui suis-je moi pour adresser des leçons de droit? C’est d’ailleurs ainsi, plongĂ©e dans ma rĂ©flexion, tiraillĂ©e entre mon sens du devoir et mon devoir de rĂ©serve que j’ai oubliĂ© de bifurquer pour me rendre Ă la crèche. Tout ceci me laisse coi. Alors quoi ?
Oui, alors quoi ?
Au final, je ne sais pas ce qui m’a le plus agacé : le manque de civisme de ce monsieur ou mon manque de courage. Heureusement, il y a mes chroniques. Un exutoire. Écrire, silencieusement ce que je n’ose dire vertement. Une occasion de me rattraper et de confesser mes petits péchés.
Et ego vos absolvo a peccatis vestris in nomine Patris +, et Filii +, et Spiritus Sancti +. R/ Amen.
Rédigée le 24 décembre 2020

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