#moustique

Je vous entends déjà vous demander si l’on peut sérieusement écrire toute une chronique sur le moustique. Erik Orsenna étant allé jusqu’à rédiger son quatrième « Petit précis de mondialisation » suite à l’étude du spécimen, la rèponse est oui, une chronique, cela est à ma portée. D’autant que les anecdotes autour du thème sont légion. Un sujet prolifique dans tous les sens du terme.

Moustique posé sur une main d’homme
Pris en flagrant délit !

Autant le dire, et vraiment, sans intention de faire un jeu de mots, le moustique a l’art de défrayer la chronique. Paludisme, fièvre jaune, dengue, chikungunya, le moustique porte bien pâle réputation. Une véritable arme biologique à lui tout seul. Il est aussi vieux que le monde et malgré toute l’attention qu’entomologistes, virologues, épidémiologistes lui portent, malgré toutes les tentatives d’éradication, il semble impossible de s’en débarrasser. Pour cause, le moustique n’est pas un, mais 3’564 espéces répertoriées à ce jour. Le plus commun porte le doux nom de Culex pipiens molestus. Le plus dangereux est l’Aedes Aegypti. Quant au plus récent, le fameux moustique tigre, il répond au nom d’Aedes albapictus. Mais laissons ici la science.

Pourquoi ai-je soudain envie de vous parler de moustique? Tout simplement parce que nous sommes en plein été, et que le moustique fait partie intégrante du référentiel lié à la saison. Tenez, si je vous dit: soleil, plage, baignade. Vous me répondez: lunettes, chapeau et crème solaire. Si je continue avec: apéro, terrasses et longues soirées, vous enchaînez avec anti-moustique et citronnelle. Enfin peut-être pas vous, mais en ce qui me concerne c’est la réponse, car nous ne sommes malheureusement pas tous égaux face aux moustiques. Généralement, il y a les catalyseurs, dont je fais partie, et les veinards qui les accompagnent, assurés de passer une soirée tranquille. Pourquoi tant de haine, ou plutôt devrais-je dire tant d’amour et d’acharnement envers certaines personnes et tant de dédain envers les autres? Ce n’est vraiment pas juste! Et puis comme par hasard, si l’on attire, on a également toutes les chances de surréagir. A ce sujet, je me souviens, alors étudiante en classe prépa à Grenoble, avoir dû porter des lunettes de soleil en cours, en plein mois d’octobre ! pour dissimuler un œil au beurre-noir résultant de la piqûre infligée par un moustique. Genre, Grenoble, automne, 1 moustique, il a encore fallu qu’il me trouve. Cela me fait tellement penser au sketch de la chauve souris de Jean-Marie Bigard !

Enfin ce qui me console un peu, c’est que le moustique est lâche. Il a beau vous narguer de son insupportable vrombissement une fois sa quête de sang frais achevée, notez que Monsieur, ou plutôt dois-je dire Madame, n’opère que la nuit, ou au plus tôt, à la tombée du jour. Tellement plus facile d’attaquer alors qu’on ne peut la voir arriver, tellement petit de s’en prendre à une victime déjà endormie. Mais ça ne s’arrête pas là. Non suffisamment heureuse de vous avoir piqué, Madame moustique va vous réveiller. C’est ici que commence la chasse. Quasi inconsciente d’abord. Un bras qui passe au dessus de la tête. Puis l’on se cache sous les draps avant de ressortir par manque d’air. Le sommeil nous emporte à nouveau. Mais elle repasse. Le son nous semble encore plus strident, d’autant plus agaçant. Impossible de se rendormir. Et si en plus elle récidivait? Les premières démangeaisons se font déjà ressentir. Tu m’as bien eue. Attends un peu. Je vais t’avoir moi aussi. On allume péniblement la lumière. Aïe, mes yeux!… ils doivent s’habituer. Où es-tu?… ah, te voilà… attends un peu que je t’éclate… une arme, il me faut une arme…. Mon oreiller? Non… tiens, mon livre… Géopolitique du moustique, ça tombe bien… tu vas voir… et splach. Ah ah, je t’ai eu. Et m…. . Le mur est à présent marqué d’une disgracieuse tâche brunâtre. Tant pis, on verra cela demain. Maintenant je dois calmer les démangeaisons que ce regain d’activité n’a fait qu’aggraver.

Saleté de petite bestiole… Ton histoire nous aide à mieux comprendre la notre.? M’en moque. Cela ne me console pas des lésions que tu nous infliges. Je vais continuer à me battre. Demain j’installe une moustiquaire.

2 réponses à « #moustique »

  1. Marianne, c’est devenu mon petit plaisir du jeudi de lire tes chroniques!
    Je me suis souvent posée la question de savoir quel était le point commun entre ces catalyseurs de moustiques, comme tu les nommes si bien. L’odeur de la peau ? Ou sa couleur ? On n’arrive pas trop à savoir. Mais je fais partie du club des mal-chanceux, comme toi, et il me semble que quand je me tiens à côté de quelqu’un qui a la peau encore plus blanche que la mienne (si si, parfois j’en croise !!) c’est cette personne qui morfle. Comme si le moustique se faisait cette réflexion :
    « Oh une peau bien claire sur laquelle je vais pouvoir laisser une énorme marque rouge disgracieuse, histoire de bien lui pourrir son look dès demain ! » rire de moustique-sorcière.
    (Petit tuyau: j’ai trouvé une huile hydratante olive- agrumes qui m’a bien aidée cette année et qui sent rudement bon)
    😘

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    1. Oh oh, faut que tu me donnes le nom de cette huile! Parce que la citronnelle et les répulsifs « zone tropicale », ça va un moment mais c’est pas très glamour !😏

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