Murphy, mais c’est qui celui-là ? Ah oui pardon, j’aurais dû préciser: Loi de Murphy. Cela ne vous parle toujours pas ? Bon alors essayons : Loi de l’emmerdement maximum (LEM). Ah oui, là je sens que j’ai capté votre attention. C’est tout de suite moins poétique mais cela a au moins l’avantage d’être connu du langage populaire.
Murphy c’est un peu comme Newton. Ils font partie de cette catégorie de personnes qui cherchent à mettre un nom sur les choses. Ou plus exactement sur les évènements, ayant notamment remarqué que ces derniers ont une fâcheuse tendance à se répéter. Si Newton se demandait pourquoi la pomme tombe de l’arbre, Murphy quant à lui, envisageait l’arrivée d’évènements malheureux, ou tout du moins contrariants, comme une fatalité.
Prenons quelques exemples. Le plus connu en la matière est évidemment celui de la tartine. Pourquoi en effet, lorsque votre tartine beurrée, confiturée, miélée… vous échappe des mains, tombe-t-elle inévitablement côté beurre sur le sol ? Hormis l’incidence de la loi de la gravité de Newton, il se cache bien là un autre phénomène qui nous échappe.
Autre exemple. La Loi de l’emmerdement maximum c’est aussi lorsque vous êtes sur un chemin, à vélo par exemple. Au départ, vous êtes seul. Puis vous apercevez au loin un piéton. Jusque-là, tout va bien, le chemin est en effet bien assez large pour vous permettre de vous croiser en toute sécurité. Mais tout à coup, apparaît un troisième personnage, autre cycliste ou piéton, accompagné pourquoi pas d’une poussette ou tout simplement d’un chien. Tout pourrait merveilleusement bien se dérouler chacun avançant à son rythme et dépassant ou croisant les autres à des instants différents. Sauf que non, car la LEM en a décidé autrement et le point de croisement des 3 protagonistes va se faire simultanément en un seul et unique point P. Le cycliste va se voire contraindre à ralentir voire carrément mettre pied à terre, le piéton à se décaler sur le bas-côté, quant au troisième mis quasiment à l’arrêt, il tentera de garder l’équilibre pour ne pas se retrouver dans le fossé. Bien sur, le choix des rôles et des positions est aléatoire et chacun pourrait tout aussi bien se retrouver à une place ou à une autre, mais en un seul et même point P, sur ce chemin que l’on pourrait pourtant mathématiquement représenter par une ligne infinie.
Autre exemple : le véhicule qui vous coupe la priorité alors qu’il n’y a pas d’autre voiture après la vôtre et qu’il aurait pourtant eu tout le temps souhaité et nécessaire pour rejoindre sa route à votre suite. Et le pire, c’est que généralement, ce même véhicule bifurque à la première occasion sur un chemin secondaire, sans clignotant, vous obligeant une deuxième fois, en un laps de temps fort réduit, à un freinage d’urgence. La LEM.
Aller, encore un dernier ? il est à nouveau emprunt au monde de la circulation. A croire que tous les emmerdeurs s’y sont donnés rendez-vous. A moins que Murphy, bien qu’ingénieur aérospatial, ne soit un repentis du bitume ? Qu’importe. Avez-vous remarqué à quel point, lorsque vous êtes détendu, à l’avance et seriez même prêt à trainer un peu histoire de ne pas arriver trop tôt à votre rendez-vous, tous les feus sont verts, les bus ont déserté les rues et vous trouvez une place de parc en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. A contrario, les jours où vous êtes un peu en retard, vous pouvez compter sur le fait que tous les feux vont passer au rouge à votre approche, que vous vous retrouverez coincé derrière un bus qui marque systématiquement chaque arrêt et qu’il vous faudra faire 3 fois le tour de la ville avant de parvenir à vous garer. Merci Murphy. Il est évidemment très tentant de se raccrocher à la théorie des corrélations illusoires. Mais tout de même. Cela arrive de manière bien trop répétée et systématique à mon goût, pour que l’on me fasse croire qu’il n’y a d’autre lien que celui d’une inévitable tendance à la contrariété.
Déjà Shakespeare faisait déclamer dans son Hamlet : « Quand les malheurs arrivent, ils ne viennent pas en éclaireurs solitaires, mais en bataillons. ». C’est tout dire.
Alors prenons les choses du bon côté, celui le plus agréable et avouons que cela permet au moins d’en rire. Enfin, a postériori.

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