#plait-il?

Mais que sommes-nous devenus ? Regardez-vous… Regardez-moi… Regardons-nous. A quoi ressemblons-nous ? Nous sommes devenus bêtes. Bêtes et sourds de surcroît.

Certes à notre insu. C’est le masque le coupable. C’est lui qui nous rend sourd.

« Heu… j’suis pas sûr de comprendre là ? »

Et bien en nous privant d’une faculté essentielle, maniée de façon inconsciente : celle de lire sur les lèvres. Vous n’y aviez jamais prêté attention. Pourtant, depuis que vous portez le masque, vous ne comptez plus le nombre de fois où vous devez faire répéter votre interlocuteur. Bien sûr, le masque est directement en cause, atténuant les sons. Mais il est en matière dans une deuxième problématique : celle d’occulter une partie du visage, et tout particulièrement la bouche, empêchant le cerveau d’accéder à cette merveilleuse faculté innée, celle de combler les déficiences de notre ouïe.

« Ah oui, c’est vrai…. Dingue ! Nous sommes devenus sourds ! Bon ok, mais pour le côté « bête » c’est quoi ton analyse ?

Il serait facile de dire que c’est en observant les autres que j’en suis parvenue à cette conclusion, mais la vérité est bien plus cruelle et me concerne directement. Ce matin, alors qu’une collègue s’était adressée à moi et que je n’avais pas compris ce qu’elle m’avait dit, je me suis surprise à descendre mon maque pour lui demander :- « Pardon ? je n’ai pas compris … »

Est-ce que c’est grave Docteur ?

En même temps, n’en sommes-nous pas tous là ? Cela pourrait-il être induit par un manque d’oxygène, lui-même provoqué par le port du masque et qui altérerait nos capacités intellectuelles ? Parce que bon, se pencher sur le côté du plexi pour espérer mieux se faire comprendre, se rapprocher « dangereusement », à moins d’un mètre cinquante, de son interlocuteur pour tenter de mieux l’entendre, c’est humain. Mais baisser son masque pour mieux entendre, cela n’entre-t-il pas sous le spectre d’une pathologie évidente ?

Nous voilà donc rabaissés à de bien drôles -ou tristes ?- pratiques. Autrefois on retirait son chapeau pour se saluer, aujourd’hui on se masque avant de s’embrasser.

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