Quelle belle invention ces « salles d’attente ». Nous sommes pourtant prévenus, il ne s’agit ni de sas de décompression, ni de salles de lecture, mais bel et bien de salles « d’attente ». Simple évocation. Notez pourtant déjà l’ensemble de ce qui vous vient à l’esprit en terme de connotations. Toutes négatives. On comprend mieux pourquoi le temps généralement passé dans ces pièces nous semble si long et si désagréable.
D’ailleurs, pourquoi existent-elles ? Enfin pourquoi, je le sais, mais comment en sommes-nous arrivés là? Pourquoi a-t-il été nécessaire, un jour, d’imaginer de telles salles ? La réponse est certes un peu cinglante mais me semble assez évidente : parce qu’aucun médecin, thérapeute ou praticien, n’est en mesure de vous prendre à l’heure. Bon d’accord, parfois cela arrive… mais quand même. Vous avez rendez-vous, et il n’y a aucune chance que vous passiez à l’heure. D’ailleurs vous n’êtes pas seul, il est donc nécessaire de vous « stocker » quelque part pour vous faire patienter. C’est ainsi que sont nées les salles d’attente.
Au fil du temps, et pour vous aider à faire passer l’amère pilule de ce temps gâché, tous les cabinets se sont évertués à imaginer la meilleure constellation en terme d’aménagement et d’équipement. L’offre pouvant aller du bouquet de fleurs fraîches à la machine à café en passant par divers objets d’art ou de décoration plus ou moins personnels. En matière de littérature aussi, les choses peuvent allègrement varier. Certes, Gala et Voici ont généralement été détrônés par l’Illustré et le magazine du journal Le Temps [ndlr. Référence à la chronique intitulée #salon_de_coiffure]. Et selon les centres d’intérêt de son médecin, on peut même avoir droit à un exemplaire de Géo ou du National Geographic. La classe. Malheureusement, le coronavirus étant passé par là et ayant vidé les salles d’attente de toute forme de support papier, nous voilà désormais condamnés à lire, relire et finalement retenir, ce que seuls les murs ont pu conserver, à savoir les diplômes de nos praticiens. Maigre récompense.

Mais ce n’est pas tout. Car est apparu un élément encore plus insidieux que la salle d’attente, et c’est même devenu la nouvelle tendance : la deuxième salle d’auscultation. Au départ elle avait un réel intérêt: permettre au praticien de gagner du temps. Du genre, je file ausculter un deuxième patient pendant que mon assistante inocule une petite piqure au premier ou que se rhabille ce dernier. Sauf que la dérive s’est vite immiscée. Plus de temps donc plus de patients. Et nous revoilà au point de départ. Car ici aussi, il est tout à fait possible d’attendre encore un loooong moment. Dès lors, le regain d’espoir qui avait secrètement jaillit au « Veuillez me suivre, je vais vous installer », s’est complètement évanoui au fil des nouvelles minutes égrenées. A peine de quoi se dégourdir les jambes entre les deux salles.
Oh mon Dieu! Et si je développais une thrombose?
– Docteur!… Docteur ? Y’a quelqu’un?
Salles d’attente, tu parles… sale attente oui !
🤣🤣🤣 Même étonnement, et une question : où trouvent-elles de quoi s’acheter autant de produits plus chers les uns que…
As-tu repris ta plume chère Marianne ? c’est bien, je suis ravi de te lire. Bien amicalement Claude
Intéressante la traduction de la déception en recette culinaire universelle sous un ciel d’Armorique.
assez drôle, j’en conviens. Bien à toi Claude
Volontiers! Dis-moi quand tu viens et je te prépare une dégustation!

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