L’été est là… enfin là. Car cette année, il a tardé à débuter et à nous embarquer avec ses promesses de congés bien mérités. Comme nous, nombreux sont ceux qui ont choisi de se déplacer vers des destinations dont le programme n’a rien à cacher: soleil, mer, plage. Bien entendu, tout ceci avec son lot de conséquences: cohabitation, sel qui pique et sable qui colle. Mais qu’importe le prix à payer, car comme le disent si bien les enfants: « un été sans voir la mer, ce n’est pas vraiment un été. » Soit. Personnellement, ce programme me va plutôt bien. Non que je sois adepte des après-midi crêpes, mais parce que soleil et chaleur ont l’art de me mettre de bonne humeur.
Nous y voici. Les odeurs de crèmes solaires et huiles au Monoï sont les premières à nous parvenir et à confirmer notre choix pour ces quelques jours en bord de mer.
Petit instant d’appropriation, ronde d’observation. «Beeeeei-gnet!… Chouuuuuuuu-chou ! ». C’est sûr, nous y sommes. Certaines traditions sont immuables. Je regrette parfois avec nostalgie cette époque de vendeurs de petit bazar Sénégalais. De mes yeux d’enfant, ils étaient la promesse d’un nouveau petit bijou, plus grande de nouvelles lunettes pour jouer les starlettes et plus tard encore d’un nouveau paréo assorti au maillot. Mais l’heure est à l’installation.
Déploiement du campement. Oui, à 7, cela prend vite des proportions inattendues: serviettes, matelas gonflable, planche de surf, pelle et seau pour le château et surtout, la tente de plage Qechua. Toute famille normalement constituée, ayant un jour ou l’autre été amenée à faire des vacances à la mer avec un ou des enfants en bas âge, a nécessairement cédé à l’achat de cet indispensable accessoire. Il est venu combler à grand peine le dernier espace de l’habitacle du véhicule encore disponible, entre ballon de foot, glacière, surf, planche de skate et trottinette. Heureusement, a partir d’un certain âge, les filles sont moins exigeantes: bikini et vernis assorti. « Oui maman, j’ai tout pris! ».
Revenons à cette fameuse tente de plage. Sans avoir détrôné le bon vieux parasol, elle gagne chaque année du terrain. Il faut dire qu’elle a tout pour plaire: déployée en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire (merci Decathlon pour cette magnifique invention), elle protège tout à la fois du soleil, du vent, du sable et de l’éventuel regard indiscret des voisins. Non vraiment, même sans enfant, elle a de quoi séduire le chaland. Enfin, jusqu’au moment ou vient l’heure de plier le camp. Avez-vous déjà vu le sketch de Dany Boon intitulé « K-Way » ? Je vous le conseille, c’est du même acabit. Nous voici donc au seuil de la réalité: deux secondes pour la déplier, une vie pour la ranger. J’étudie pourtant la notice chaque année. Rien à faire. A force d’insistance ce que l’on gagne au mieux est un ré-dépliage pop-up dans le nez. On recommence. On cède du terrain: pas grave si l’on ne parvient pas à la remettre dans sa housse, mais que l’on puisse au moins la transporter. Oui… j’y suis presque… encore un effort et … hop, nouveau dépliage pop-un avec volée de sable en prime.
Mon tendre époux m’a déjà abandonnée. En même temps, j’étais prévenue. La tente de plage, il y a renoncé depuis longtemps. « Si tu la prends, tu te débrouilles. » Ok, Quechua ne tienne! Mais aujourd’hui, un inconnu est venu à mon secours. (Sourire). « Attendez. Laissez-moi vous aider. Je sais comment on fait.». Effectivement, en 2 coups 3 mouvements, l’affaire est dans le sac. « Wahou, merci. Mais dites-moi, vous bosser pour Decathlon ou quoi? » « Non… mais j’ai une tente comme ça, et au début c’est pas évident. ». Ça, c’est le moins que l’on puisse dire. En tout cas, y’a un nouveau job d’été à lancer à côté des vendeurs de chouchous et de beignets: plieur de tentes de plage !
Me voici donc rentrée, peau hâlée bien qu’encore ensablée, mais surtout tente pliée. Je ne raconterai peut-être pas à mon mari qu’un galant est venu me sauver. Après la tente qu’il n’arrive pas à dompter, je ne voudrais tout de même pas le vexer.
Aller, demain concours de château de sable !

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