#oh_la_vache

Hier, mon fils de 10 ans m’a posé une colle : « Maman, c’est l’écusson de Fribourg qui a donné son nom aux vaches « fribourgeoises » ou elles, qui ont donné leurs couleurs au canton ? »
Et bien oui, avouez que la question est intéressante. Mais à mon niveau, c’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule. Lequel des deux était là en premier ? Je me suis donc contentée de répondre un peu lâchement : « Alors là mon chéri, je n’en ai aucune idée. Mais ta question est vraiment pertinente. » Mais maintenant, je n’en suis pas très fière. Ne pas répondre à la question d’un enfant, c’est terrible. Bien sûr, il n’a rien laissé paraître et a feint de se satisfaire de ma réponse. Mais moi, j’ai bien senti qu’au fond de lui, je venais de laisser un grand vide.

Vache de type Holstein broutant dans un vert paturâge
Belle fribourgeoise !

Vérifions donc à présent notre deuxième hypothèse. Serait-il possible, à Fribourg, que l’on ait donné à ces vaches le nom de race « fribourgeoise » uniquement du fait de la couleur de leur robe, identique à celle des armoiries ? Et si les vaches à Fribourg, avaient étaient grises ou toutes noires, auraient-elles aussi eu droit à cette géo-dénomination?

Je suis donc partie en quête. Merci Internet et ses moteurs de recherche. J’ai tapé: « Origine des écussons cantonaux ». XVe siècle. Ok. Puis: « Race de vache fribourgeoise ». Je suis bel et bien tombée sur une image de vache noire et blanche. Personnellement je les trouve assez quelconques moi, ces vaches bicolores. En même temps, la question me taraude. La poule ou l’œuf ? Les armoiries ou les vaches ? Fribourg est bien le seul canton à pouvoir se targuer d’avoir des vaches qui reprennent les couleurs de son blason. Forcément, des vaches rouges, vertes voire bleues, à part Milka, je ne vois pas bien qui pourrait faire cela. Nous tenons donc notre premier élément de réponse : les couleurs des écussons cantonaux ne proviennent pas de la couleur des vaches locales.

Au secours Wikipedia ! « La fribourgeoise, comme ancienne race bovine suisse, originaire du canton de Fribourg a aujourd’hui disparue, supplantée dans les années 70’ par la holstein de même couleur ». Hum… c’est une base, mais cela demande toutefois vérification. Oh mais ça tombe bien, voici une brochure du musée de la Gruyère. Ah, et bien l’information est confirmée. Bon mais alors, qui a raconté à mon fils que les vaches noires et blanches de Fribourg étaient des fribourgeoises ? Entendez par là des vaches de « race fribourgeoise »? Voilà, on divulgue à nos enfants des informations éronnées et ensuite c’est aux parents de se dépétrer avec leurs questions. Et ben merci. Ou plutôt non, je ne vous remercie pas.

Alors vous savez quoi ? puisque j’ai fait des recherches et que je suis désormais incollable sur le sujet, permettez-moi de parfaire votre science. On ne sait jamais, lors d’une soirée Trivial Poursuit, cela pourrait vous sauver. Voici donc la liste des 7 races de vache les plus courantes en Suisse :
1- La Holstein, à robe noire ou rouge (entendez par là brune) tachetée de blanc. LA championne de la production laitière.
2- la Swiss Fleckvieh. Un croisement entre un taureau Red Holstein et une vache de Simmental.
3- La Brune du canton de Schwyz. Personnellement je la trouve magnifique. Sa robe semble luire d’argent au soleil.
4- La race d’Herens : la petite montagnarde noire, robuste et combative.
5- La Siemmental : une race pure à la robe beige reconnue dans le monde entier
6- La Montbéliarde, tachetée rouge et blanche elle aussi.
7- La Jersey, dite super-vache au même titre qu’on parle aujourd’hui de super-aliment car elle produit apparemment un lait à forte teneur en protéine.

Voilà, vous savez tout. Tout cela grâce à la question d’un petit bonhomme de 10 ans qui a aiguisé la curiosité de sa maman. Avouez que c’est épatant.

Rédigée dans sa version originale le 14 mai 2021

2 réponses à « #oh_la_vache »

  1. Quel plaisir de te lire!!

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  2. Chère Marion,
    C’est une chronique  » 2021″, je ne me souviens pas de l’avoir déjà lue. Non seulement elle est instructive mais elle nous prépare bien à la bénichon de septembre prochain. Peut-être verrais-je la famille Demont « in corpore » à Charmey, en bredzon et talons aiguilles lors de la descente des troupeaux? Je m’en réjouis de bavarder « vaches » avec vous tous et de comparer les qualités reproductrices des unes et des autres.
    J’ai bien aimé la chronique, vivante, sympathique, drôle et bien écrite, cela se savait déjà. Marion a une belle plume. la comparaison avec la vache Milka m’a amusé. Les enfants ne pouvaient pas savoir que la race avait mutée dans les années 70 (tout a été chamboulé en mai 68…), la méthode Jean Qui Rit a ses ombres cachées…
    Bien amicalement chère Marion et divertis-nous encore et toujours.
    Claude

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