#parking

Plus consciencieuse que moi, tu meurs !

Jamais au grand jamais, l’idée ne viendrait m’effleurer, de parquer mon véhicule hors place de stationnement. Et je m’aviserais certainement encore moins d’oublier prendre un ticket. Et pourtant, malgré toutes ces précautions, je fais partie de ces victimes, outragées par le zèle des agents de police locaux, habilités à mettre des amendes d’ordre.

Je crois que parmi toutes les contraventions reçues, en moyenne 1 par mois tout de même, il n’a jamais été question de plus de quelques minutes de dépassement. Aller, disons 10. Mais qu’est-ce que 10 minutes dans une journée ?

amende d'ordre placée sous l'essuie-glace d'un véhicule
Oh, on dirait que quelqu’un m’a laissé un petit mot! A moins que, non… pas encore !

Devrais-je, au nom du sacro-saint parcomètre, houspiller la vieille dame devant moi à la pharmacie et, lui demander de bien vouloir raconter sa vie une autre fois parce que, dans moins de 3 minutes, mon ticket de parking va expirer ? Devrais-je encore, au marché, abandonner mon plateau de légumes en lâchant un « Désolée, une autre fois, je ne peux pas attendre, le parking ! ». Ou peut-être devrais-je encore envoyer mon amende à mon médecin, lequel, zut à la fin, m’a encore fait passer avec plus de 45 minutes de retard ?

Est-ce que je pouvais le prévoir tout cela ? Dois-je vraiment risquer l’ulcère, l’infarctus et le burn-out à chaque fois que je viens en ville ?

J’entends déjà certains me dire « mais pourquoi ne vas-tu pas au parking du Mont-Blanc, ou dans celui de Manor ? » Et bien c’est très simple, parce que le premier me rend claustrophobe et que le second affiche des tarifs prohibitifs après la deuxième heure.

Quant à ceux qui se poseraient la question de savoir pourquoi je ne prends pas mon vélo ces jours-là, la réponse est simple : Et ma liberté, – non je ne fais pas du pub pour le journal local – vous en faites quoi ? Alors tant pis, ma conscience et moi allons faire de la résistance. Navrée pour les agents qui se retrouveront au chômage technique. Demain c’est décidé, je télécharge l’application parking. Et là, assise paisiblement à la terrasse d’un café, je pourrai librement et très consciencieusement, ajuster ou recharger le temps de parking à ma guise. Et lorsque raisonneront, à la pharmacie, sur le marché ou chez le médecin le fameux « A qui l’ tour ? », je pourrai tranquillement me lever, ou pourquoi pas me laisser aller à quelques civilités : « Mais non Madame, je vous en prie, allez-y. Je ne suis plus pressée. »

Finalement, c’est tellement bon 10 minutes de plus dans une journée.

Rédigée dans sa version originale le 10 juillet 2020.

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