#piste_cyclable

Voilà, c’est fait. Fribourg s’est dotée de pistes cyclables, de vraies. Ce sont les cyclistes qui doivent être heureux, enfin…

Vous les avez testées vous ces pistes dites « cyclables » ? Il vaut peut-être mieux pour vous. Car moi, en tant que cycliste, je les ai expérimentées. Je dirais même que je place ma vie entre leurs mains chaque jour et… ce n’est pas fait pour rassurer, non vraiment.

Bien sûr, une piste cyclable, c’est magnifique, mais que se passe-t-il lorsqu’elle disparait subitement vous laissant le choix entre la bordure d’un trottoir d’un côté et la carrosserie du véhicule adjacent de l’autre ? Parce que c’est un peu cela la spécialité fribourgeoise : la piste cyclable en pointillés. Elle est là. Elle est plus là. La revoilà. Et c’est là un vrai problème. Déjà qu’il ne semble pas évident pour tout le monde de naviguer en tenant compte de ces nouveaux couloirs de circulation, alors imaginez l’histoire lorsqu’il faut en plus gérer leurs régulières disparitions. Tenez, par exemple, quelle est la règle de priorité dans ce cas-là ? Le vélo qui roule à droite ? le véhicule qui double à gauche ? celui qui roule le plus vite ? Sincèrement, un vrai casse-tête qui peut rapidement se transformer tête brisée.

Et je ne parle même pas ici de la problématique des arrêts de bus qui entravent la piste, des portions de ces dernières qui longent des places de parking, de celles teintées de rouge (attention danger extrême ?) ou encore de la manière d’aborder un rondpoint ou un passage piéton.

Non vraiment, la pratique du vélo à Fribourg, c’est un acte téméraire qui demande une certaine dose de courage, ou d’insouciance, c’est selon. Et le pire dans tout cela, c’est que l’on ne peut blâmer personne, ni les cyclistes, ni les automobilistes.

Heureusement, lorsque l’on circule à vélo, il existe quelques consolations. De ces petits bonheurs à peine sensibles capables de vous élever, momentanément, au-dessus de toute considération critique. Comme cette insoutenable odeur de chocolat qui régulièrement, le matin, s’échappe de l’usine de Villars. Enivrante, elle vous suit avenue du Midi semblant vous dire: « De quoi tu te plains, jusqu’ici, tout va bien. »

Rédigée dans sa version originale le 14 juillet 2020

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