Fribourg aura-t-elle raison de ma féminité ?
Depuis que j’ai repris des fonctions à Fribourg, j’ai tout changé : mon salaire, ma voiture, ma garde-robe. Bref, mon mode de vie. Oh je vous rassure, je ne m’en plains pas, loin de là, car ce que j’ai gagné en échange, en qualité de vie, n’a pas de prix. Mais tout de même, je regrette parfois un peu les occasions, désormais trop rares, de porter des chaussures à talons.
J’ai troqué ma voiture pour un vélo, certes électrique, mais tout de même un vélo : exit les jupes crayon et les hauts talons. Quant aux jolis manteaux, capes et autres vestes un peu amples, également relégués au rayon des occasions spéciales. A vélo, il faut du pratique : du coupe-vent et de l’imperméable. Si possible avec fonction pliage ultra compact. Fini aussi les jolis sacs à mains assortis aux escarpins. Il aura fallu deux ou trois tentatives avant de trouver le sac idéal : à dos évidemment, avec une petite touche féminine, si possible et suffisamment grand pour contenir la veste, l’ordi et tout le reste. Je ne m’appelle pas Simon Ammann, pourtant de working-girl à cyclo-woman, on peut dire que j’ai fait le grand saut.

Si encore il n’y avait que cela, mais Fribourg, ce sont aussi ses rues pavées. Et là encore, mieux vaut être préparée. Combien de talons y ai-je laissé ? Je n’ai pas compté. C’est mon cordonnier qui en est plutôt amusé. Bien sûr, il y a la technique qui consiste à marcher sur la pointe des pieds, mais là aussi, j’ai abdiqué, rangé mes peep-toe et ressorti ballerines et salomés. Comme quoi, ce n’est pas si facile d’être une femme libérée.
Alors quoi, vais-je renoncer ? Dieu merci, non. Les déesses de la mode en ont décidé tout autrement. Les basquettes sont revenues en odeur de sainteté, au même titre que les talons carrés et les chaussures compensées. Me voilà donc sauvée, tout est question de volonté. Il est donc possible d’être féminine au bord de la Sarine.
Ah Fribourg, quand tu nous tiens !
Rédigée dans sa version originale le 1er septembre 2020

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